D'un côté, la pourpre et les ors, très monarchiques, la double haie de gardes, très républicains, et l'entrée sous les applaudissements du Congrès, très américains
Dans le Petit Robert, la monarchie est définie comme +un régime dans lequel l'autorité politique réside dans un seul individu+. Sous les ors de la République - hérités tout droit de la royauté -, le chef de l'État est apparu plus que jamais comme le seul à exercer le pouvoir. À la veille d'un remaniement ministériel qu'il a lui-même annoncé, il a voulu réaffirmer son 'hyperprésidence'.
Au bout du compte ce congrès de Versailles, qui s'inscrit clairement dans la réforme constitutionnelle a été la scène grandiose indispensable à la confirmation que la Vème République est allée au bout de sa logique en termes de pouvoir.
En quelque sorte, il fallait l'apparat exceptionnel du palais de nos rois pour conforter les fondations de ce que tous savent clairement et n'osent avouer : nous avons changé de république. Celle-ci s'apparente à un régime présidentiel à l'américaine, avec toutes les nuances issues de notre histoire.
En fin de compte ce mélange de pompe et de démagogie c'est bien ce qu'on appelle le césarisme
Mais tout cela constitue en fin de compte, un dévoiement, une parodie de la véritable monarchie qui s'inscrit dans l'Histoire, la durée et non la fugacité, et qui aura toujours sur la République la double supériorité du temps et de l'indépendance